Pierre-Louis Pollio, maître de chapelle du XVIIIe siècle: Vêpres de St Vincent

Pierre-Louis Pollio (1724-1796)
Vêpres à Saint-Vincent (extraits)
Antienne Magnis muneribus (version courte)
Psaume Dixit Dominus
Antienne Magnis muneribus (version longue)
Translation de Saint-Vincent : Nunc et semper
Hymne pour Saint-Vincent : Regem cœlestis gloriæ

Saison du Théâtre de Caen

Hippolyte Chemin, Théophile Grandjean dessus
Les Meslanges
direction musicale Thomas van Essen, Volny Hostiou
Raphael Mas haute-contre
Hervé Lamy taille
Thomas Van Essen basse-taille
Philippe Roche basse
Cécile Vérolles violoncelle
Krzysztof Lewandowski basson
Volny Hostiou serpent
Frédéric Hernandez orgue
La Maîtrise de Caen
Olivier Opdebeeck direction

La Maîtrise de Caen s’associe à l’ensemble Les Meslanges et à l’Institut de recherche en musicologie (IReMus, CNRS, Sorbonne Université, BnF, MC) pour vous faire découvrir des extraits des Vêpres à Saint-Vincent de Pierre-Louis Pollio, après avoir chanté le Te Deum du même compositeur. Cette collaboration est passionnante à plus d’un titre : elle permet à la recherche musicologique d’aboutir à des concerts donnés par des interprètes spécialistes de cette musique, en respectant autant que faire se peut la nomenclature si particulière de cette musique, avec
des voix de garçons en « dessus », des voix d’hommes connaissant les codes de la musique de l’époque, et des instruments appropriés comme le serpent. On pourra aussi se rendre compte de la qualité de la musique dans les provinces françaises au XVIIIe siècle. Loin du faste versaillais, les cathédrales et certaines églises françaises abritaient des musiciens et des maîtrises d’une qualité étonnante. On découvrira enfin un compositeur injustement oublié jusqu’à présent par l’histoire de la musique, comme l’on pourra en juger.

Né à Dijon, Pierre-Louis Pollio apprend son métier de musicien auprès de maîtres de musique en province – Joseph Michel (1688-1736) puis François-Robert Doriot (1720-1790) – avant d’occuper plusieurs postes dans des établissements ecclésiastiques situés dans le Nord-Est de la France et dans les anciens Pays-Bas autrichiens. Il officie ainsi à la collégiale d’Aire-sur-la-Lys, à la Sainte Chapelle de Dijon, à la collégiale de Péronne, à la cathédrale de Beauvais et à la collégiale SaintVincent de Soignies (dans le Brabant de l’actuelle Belgique) où il se fixe définitivement à partir de 1767. Chanoine du chapitre en 1784, il se consacre dès lors à mettre au propre l’ensemble de son œuvre – soit près de 1200 pièces ! – ainsi que le contenu de sa bibliothèque musicale. Saint-Vincent était le saint-patron de la collégiale de Soignies. Selon la légende, ce conseiller du roi Dagobert (célébré par la chanson) s’était progressivement retiré du monde, pour terminer ermite au milieu d’une forêt. C’est autour de cet ermitage que se bâtira la ville de Soignies. La plupart des pièces du programme sont écrites suivant la technique dite du “chant sur le livre” que Pollio avec d’autres théorisa. À l’origine, il s’agit d’improviser à plusieurs voix sur le plainchant chanté à la basse en valeurs longues. L’exemple le plus audible en est la pièce Nunc et semper te Deus pour la Translation de St Vincent. Une élégante mélodie de dessus évolue sur une basse imperturbable. Ailleurs, comme dans l’antienne Magnis numeribus et les premiers versets de l’hymne, c’est la même technique, mais plus élaborée : jusqu’à quatre parties en plus du plain-chant et surtout une écriture instrumentale des plus soignées à la partie de violoncelle concertante. Pollio est à la fois un “ancien” – il utilise le cantus super librum issu de la tradition médiévale – et un moderne. En effet, c’est la science de composition qui guide ce musicien des Lumières. Comme beaucoup d’œuvres religieuses françaises du XVIIIe siècle, elle superpose une voix de dessus (réservée aux garçons) à quatre voix d’hommes. Côté instrument, Pollio, conformément à l’usage couramment répandu, renonce aux instruments aigus, pour se concentrer sur les basses : pas moins de trois instruments – basson, violoncelle et serpent – s’adjoignent à l’orgue pour la basse continue. Le violoncelle et le basson dialoguent sur la basse continue, et le serpent soutient les voix.

Date

25 Jan 2020

Heure

12:00

Tarif

Entrée libre
Notre-Dame de la Gloriette (Calvados)

Lieu

Notre-Dame de la Gloriette (Calvados)
Caen